La vallée partagée – Sylvain Gouraud

Rencontre – exposition

La vallée partagée

Sylvain Gouraud

Mardi 17 septembre à 18h

 

Rencontre avec l’artiste et exposition à l’IDBL de Digne-les-Bains

Exposition du 18/09 au 9/11 au BILD de l’école d’art

 

Gratuit, sur réservation
mail: cairn.contact@musee-gassendi.org
Tél: 0492 314529

(c)Sylvain Gouraud

Sélectionné pour une résidence de recherche au CAIRN, Sylvain Gouraud oriente ses explorations vers la vallée de l’Estoublaisse, une terre dépeuplée depuis la Première Guerre mondiale, dont les quelques rares habitants en conservent aujourd’hui la mémoire et s’interrogent sur son avenir. 

À partir des photographies réalisées ou récoltées lors de ses recherches, il crée des paysages composites qui croisent les points de vue et font surgir des réflexions autour de la perception et de la représentation d’un territoire.

 

“Je monte depuis plusieurs années dans les montagnes au dessus de Digne. Je me rends souvent dans la vallée de l’Estoublaisse derrière le Montdenier. L’endroit est difficile d’accès, isolé, il faut monter 45 minutes sur la piste depuis Saint Jurs, les lignes électriques s’arrêtent bien avant le refuge qui me permet de passer quelques jours sur place. La vue y est imprenable, sans construction aucune à perte de vue, le ruisseau de l’Estoublaisse, les forêts de Levens et de Guichard alternent avec les prairies du Montdenier et les Roches à pic du Chiran. On y croise une multitude d’animaux et de fleurs, un véritable espace naturel. Naturel ? Qu’est ce que ça peut bien vouloir dire ? Les arbres ? Ils ont été plantés dans les années 60 pour « tenir » la montagne, Frederic Serre de l’ONF cherche maintenant à faire regagner les feuillus. Le ruisseau ? Il est entretenu par la société de pêche qui y cultive ses alevins. Les prairies alors ? Mais elles n’existent que parce qu’Alain le berger y fait paître ses brebis empêchant les pruneliers de gagner du terrain. Ce paysage qui nous semble vide et sauvage lorsqu’on arrive dans la vallée est en fait habité par de multiples âmes humaines et non humaines qui participent, chacune selon son intérêt, à façonner ce paysage. Pour autant peut on parler de paysage artificiel ?

Cette distinction entre le naturel et l’artificiel est mal posée, elle ne nous permet pas de comprendre le monde qui nous entoure. Pour sortir de cette vision « moderne », il nous faut le décrire autrement avec d’autres codes, d’autres grilles de lecture. ” S.G.

 

 

        Ce projet est le résultat d’une résidence de recherche développée entre octobre 2018 et juillet 2019, subventionnée par la Direction Régional des Affaires Culturelles Provence-Alpes-Côte d’Azur (DRAC PACA). L’ événement s’inscrit dans le cadre du partenariat « Ville-porte »,  entre la ville de Digne-les-Bains et le Parc naturel régional du Verdon.